Actualités Analyse des marchés financiers - Janvier 2026
Décidément, les mois se suivent et se ressemblent sur les indices des marchés actions, qui bénéficient toujours de la bienveillance des investisseurs. Néanmoins, la hausse de janvier cache de très larges fluctuations sur les cours de certaines valeurs ayant publié leurs résultats.
Sur le front géopolitique et politique, c’est toujours l’administration Trump qui occupe tout l’espace médiatique disponible. Entre les bavures de l’ICE, la police américaine de l’immigration qui adopte des comportements de milice, et les menaces d’intervention armée en Iran, on en viendrait presque à oublier que Sébastien Lecornu a réussi son pari de faire passer un budget sans majorité, avec un effet très visible sur les taux d’intérêt français.
Sur le front financier, en revanche, l’actualité des entreprises a été très riche, avec de nombreuses chausse-trappes dans lesquelles il ne fallait pas tomber. Par exemple, les résultats de Richemont le 15 janvier avaient déjà eu l’effet d’une douche froide sur l’ensemble du secteur du luxe en Europe et la prudence affiché par l'état-major de LVMH pour 2026, lors de la présentation des résultats annuels le 27 janvier, n’a non seulement rien arrangé, mais a complètement remis en cause le redressement boursier du groupe. Outre-Atlantique, l’annonce le même jour des résultats de Microsoft et de Meta s’est traduite par des réactions diamétralement opposées. Si Meta a rassuré les investisseurs sur sa capacité à autofinancer ses investissements liés à l’IA et a vu son titre progresser de plus de 10 %, cela n’a pas été le cas du créateur de Windows, qui a été lourdement sanctionné par une baisse de 10 %.
Enfin, les métaux précieux ont sans nul doute constitué le point d’orgue des marchés financiers en janvier, avec un rallye hallucinant suivi d’un écroulement fracassant le dernier jour du mois, date à laquelle le successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed, Kevin Warsh, banquier central à la réputation sans tache, a été dévoilé par le président Trump. En effet, l’or a progressé de plus de 25 % sur les quatre premières semaines de 2026, avant de reperdre près de 10 % lors des deux derniers jours. Sur la même période, l’argent, quant à lui, a gagné 63 % avant de reperdre 27 % en fin de mois, ramenant sa progression à un robuste 19 % en 2026. Ces mouvements erratiques et ultra-spéculatifs devront être analysés tout au long de l’année, mais il apparaît que, si bulle spéculative il y a, elle concerne davantage les métaux que l’intelligence artificielle, et qu’elle a déjà commencé à se dégonfler.
Dans ce contexte, les marchés actions s’affichent une nouvelle fois en progression, à quelques rares exceptions près : si le CAC 40 s’effrite de 0,3 %, l’Eurostoxx 50 et le Stoxx 600 progressent de près de 3 % chacun, tirés par les matières premières, les banques et les services aux collectivités. Aux États-Unis, le Nasdaq et le S&P 500 s’adjugent entre 1 % et 1,5 %.
Les marchés obligataires européens tirent leur épingle du jeu, notamment grâce à la France, qui parvient à rassurer les investisseurs sur sa capacité à disposer d’un budget pour 2026. Le taux de l’OAT à 10 ans régresse d’une quinzaine de points de base, ramenant le surcroît de rémunération par rapport au taux allemand de même maturité à moins de 60 points de base. En revanche, aux États-Unis, le taux à 10 ans franchit à nouveau la barre des 4,20 %, dans un contexte de repentification de la courbe des taux. Au Japon, les taux à 10 ans et à 30 ans s’affichent respectivement à 2,25 % et 3,65 %, des niveaux inédits depuis la fin du siècle dernier.
Enfin, l’euro poursuit sa progression face au dollar et gagne à nouveau 1 %, tandis qu’il perd quelques dixièmes de pourcent face au yen.
Analyse rédigée le 02/01/2026 par Pierre Bismuth, Directeur général de Myria Asset Management.