Actualités Analyse des marchés financiers - Juillet 2025


Décidément, les mois se suivent sans vraiment se ressembler, mais rien ne semble entraver la marche en avant des marchés financiers risqués. Juin s’était achevé sur une note plutôt positive, malgré des tensions géopolitiques ravivées par la guerre israélo-iranienne de 12 jours. Fin juillet, l’actualité reste intégralement dominée par l’intense pression militaire sur la bande de Gaza et les entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire vers sa population. La guerre russo-ukrainienne ne réapparaît dans le paysage médiatique qu’au gré des invectives de Donald Trump envers son homologue russe. Quant au régime des mollahs et sa répression sanglante, il semble tout simplement avoir disparu des radars. Cette normalisation d’une actualité pourtant délétère pourrait expliquer que le prix du baril de pétrole reste inférieur à son niveau d’avant le fameux « Liberation Day » du 2 avril, bien qu’en forte hausse sur le mois.

 

Ce sont en réalité les accords commerciaux et les droits de douane annoncés en juillet qui ont animé les marchés financiers. Les Britanniques avaient ouvert la voie dès la fin mai, en concluant un accord établissant une taxation minimale de 10 % sur les biens produits au Royaume-Uni.

 

Le 22 juillet, l’annonce d’un accord commercial "énorme" avec le Japon a ravivé l’optimisme des marchés. La majorité des biens nippons seront désormais taxés à « seulement » 15 %, à l’exception notable de l’aluminium et de l’acier, toujours taxés à 50 %. Cet allègement a permis aux industriels japonais de pousser un ouf de soulagement, le Nikkei 225 atteignant un sommet historique, proche des 42 000 points — une euphorie quelque peu retombée depuis.

 

En Europe, c’est l’accord commercial du 27 juillet qui a été accueilli avec un certain soulagement, bien que certains termes paraissent étonnants. Par exemple, l’obligation faite aux Européens d’investir quelque 600 milliards de dollars aux États-Unis inclut un grand nombre de projets déjà validés par le secteur privé. Surtout, l’engagement d’acheter pour 750 milliards de dollars de produits énergétiques américains (pétrole, GNL, nucléaire, carburants ou semi-conducteurs) semble démesuré. La Commission européenne n’a en effet ni le pouvoir de passer commande, ni celui d’imposer quoi que ce soit aux entreprises européennes.

 

Malgré tout, on peut raisonnablement penser que la phase la plus tendue des négociations tarifaires est désormais derrière nous. Ce sujet devrait moins peser sur la fin de l’année. Mieux encore : si l’impact réel de ces mesures est inférieur aux anticipations des économistes, cela pourrait constituer un puissant soutien aux actifs risqués, à commencer par les actions européennes.

 

Depuis avril dernier, l’offensive commerciale américaine porte ses fruits. Les marchés actions outre-Atlantique ont presque comblé leur retard par rapport à ceux du Vieux Continent. En juillet, le S&P 500 et le Nasdaq ont progressé respectivement de 2,17 % et 3,7 %, contre 1.38 % pour le CAC 40 et 0,3 % pour l’EuroStoxx 50. Ainsi, l’écart de performance entre le S&P 500 et l’EuroStoxx 50 tombe désormais à moins de 2%, dans leur devise respective.

 

Sur le front des taux d’intérêt, le vote de la « Big Beautiful Bill » le 3 juillet a été contrebalancé par les nombreux accords commerciaux qui permettraient de financer, en tout ou partie, les 3 300 milliards de déficit générés sur dix ans par cette loi de baisse des recettes fédérales. Le taux américain à 10 ans ne progresse que d’une dizaine de points de base sur le mois, en ligne avec les tendances observées sur les marchés obligataires allemand et français.

 

Enfin, la défaite relative d’Ursula von der Leyen dans son bras de fer avec Donald Trump a fait trébucher la monnaie unique, qui recule de plus de 3 % face au dollar.

 

Analyse rédigée le 01/08/2025 par Pierre Bismuth, Directeur général de Myria Asset Management.