Actualités Analyse des marchés financiers - Juillet 2026
Le mois de juillet 2026 a été marqué par la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, qui a entrepris d’étendre le conflit à toute la région. Les négociations ont évidemment achoppé sur la liberté de circulation des navires dans le détroit d’Ormuz, la République islamique souhaitant régner sans partage sur ce passage essentiel au commerce mondial et exerçant de fait un chantage à la sécurité.
Afin d’enflammer la région, l’Iran n’a pas hésité à activer ses proxies, notamment les Houthis du Yémen, qui ont tenté d’entraver le passage du détroit de Bab-el-Mandeb en mer Rouge, en maniant un discours assez ambigu sur leurs intentions. Certes, des attaques de navires ont eu lieu, mais on peut légitimement s’interroger sur l’étendue de l’arsenal des rebelles yéménites, tant elles demeurent sporadiques pour le moment.
Ainsi, à fin juillet, on observe que ce sont surtout les bombardements massifs des États-Unis qui retiennent l’attention et que les attaques iraniennes sur les sites américains du Proche-Orient ont de moins en moins d’impact, comme en témoignent les interceptions réussies des missiles lancés sur la Jordanie dans la dernière semaine du mois.
Sans grande surprise, la reprise des hostilités a mis le feu au pétrole, qui a même dépassé à nouveau le seuil psychologique des 100 $ le baril au cours du mois, mais qui termine finalement le mois en hausse de « seulement » 20 %, signe que les marchés commencent à s’accoutumer aux opérations lancées dans la région.
Sur le front des actions, ce sont à la fois les survalorisations de pans entiers de l’écosystème de l’intelligence artificielle et les résultats des entreprises qui ont animé la cote.
Aux États-Unis, le S&P 500 termine stable tandis que le Nasdaq reflue de près de 3 % sur le mois. Les fabricants de semi-conducteurs et les équipementiers numériques pâtissent désormais de valorisations injustifiables et d’une concentration excessive de leurs sources de revenus. Par sympathie, l’indice sud-coréen, très dépendant du comportement de Samsung et de SK Hynix, dévisse de 22 % en juillet, tout en affichant toujours un gain confortable de 50% depuis le début de l’année.
En Europe, les indices affichent des performances plutôt stables, masquant une volatilité très importante de leurs sous-jacents. Ainsi, si le CAC 40 progresse de 1 % sur le mois, STMicroelectronics recule de plus de 29 %, tandis que Kering bondit de près de 15 %, sous l’effet de résultats bien accueillis par les opérateurs.
Au Japon, les méthodes de valorisation des principaux indices exacerbent les différences de performance puisque, si le Topix, pondéré par les capitalisations boursières de ses composants, reste stable, le Nikkei 225, pondéré par le prix de ses sous-jacents, s’effondre de plus de 8 % sur le mois.
Sur le front obligataire, les emprunts d’État subissent une défiance majeure, l’indice européen reculant de 1,7 %, alors que le crédit de catégorie investissement baisse de 1 % quand le haut rendement ne cède que 0,3 %.
Enfin, l’euro progresse de 1 % contre le dollar américain mais dévisse de 2,2 % contre le yen japoncais.
Analyse rédigée le 03/08/2026 par Charles de Riedmatten, Gérant d’UFF Dynasties Familiales Myria Asset Management.