Actualités Analyse des marchés financiers - Juin 2026



Le mois de juin a encore été rythmé par la signature et la mise en œuvre d’un MOU (Memorandum of Understanding) entre les États-Unis et l’Iran, afin d’engager des discussions pendant une durée de 60 jours en vue d’une résolution définitive du conflit qui les oppose. Dans une moindre mesure, il a également été marqué par les opérations militaires musclées de l’État hébreu contre la milice terroriste du Hezbollah, alliée de l’Iran. Cet arsenal de mesures militaires et diplomatiques a d’ailleurs conduit le gouvernement libanais à conclure un accord historique avec Israël, l’engageant à déployer l’armée régulière jusqu’à la frontière israélienne et, par conséquent, à désarmer définitivement les forces irrégulières financées par l’Iran.


Ces négociations ont entraîné des répercussions réelles sur les marchés financiers, mais aussi sur les décisions de la Banque centrale européenne, dont le Comité de politique monétaire s’est réuni le 11 juin, soit une semaine avant la signature électronique du fameux accord. Ainsi, comme cela avait déjà été largement anticipé par les marchés, l’institution de Francfort a relevé ses trois principaux taux directeurs d’un quart de point. Cette décision n’aurait peut-être pas été prise si la réunion s’était tenue après le 18 juin, dans la mesure où le prix du pétrole affiche, sur le mois, un recul de l’ordre de 24 %, et de 20 % depuis le 11 juin.


Par effet de corrélation, ce sont tous les actifs les plus spéculatifs qui reculent fortement sur le mois, à l’instar de l’or (-10 %), de l’argent (-20 %) ou encore du Bitcoin (-20 %).


Face à ces reculs, qui s’apparentent parfois à des krachs, les mouvements des marchés actions sont d’ampleur bien moindre. En Europe, le CAC 40, l’Euro Stoxx 50 et le Stoxx 600 progressent à nouveau respectivement de 2,9%, 4,7% et 2,6%, portés par les institutions financières (+7,6 %), mais freinés par le secteur du pétrole et du gaz (-5 %).


Aux États-Unis, le S&P 500 et le Nasdaq reculent respectivement de 1% et 2,8 %, tandis que le secteur technologique perd plus de 3 %, et ce malgré une nouvelle progression des valeurs liées aux semi-conducteurs. Cette légère correction s’explique probablement par le fait que ce secteur avait progressé de plus de 36% entre fin mars et fin mai 2026.


Sur le front obligataire, compte tenu de la baisse des prix des matières premières, on observe également une accalmie de la volatilité des taux de rendement des emprunts d’État. Ainsi, l’ensemble des segments obligataires progresse de 0,4 % à 0,5 % au cours d’un mois qui aura été nettement plus calme que les précédents.


Enfin, dans ce contexte, l’euro baisse logiquement de 2 % face au dollar américain et reste stable face au yen.

 

Analyse rédigée le 02/07/2026 par Pierre Bismuth, Directeur général de Myria Asset Management.