Actualités Analyse des marchés financiers - Mars 2026



Le mois de février s’est achevé avec le déclenchement de la guerre menée par la coalition américano-israélienne contre le régime des mollahs iraniens. Cet événement géopolitique majeur a largement dicté l’évolution des marchés financiers au cours du mois de mars. Il est donc pertinent d’en analyser les effets sur les marchés actions à travers les différentes régions du monde.


Tout d’abord, les marchés asiatiques ont été les plus fortement pénalisés durant cette période. Cela s’explique notamment par leur forte dépendance énergétique. Une grande partie du pétrole mondial transite en effet par le détroit d’Ormuz à destination de l’Asie. Or, dès le début du conflit, le prix du baril de brut a bondi de plus de 70%, ce qui a pesé lourdement sur les économies de la région. En conséquence, les principaux indices boursiers asiatiques ont reculé, avec une baisse de plus de 13% en dollars pour l’indice représentatif du continent.


En Europe, la situation a également été marquée par une forte incertitude. Les hésitations des pays européens quant à leur soutien à l’opération militaire ont alimenté le doute des investisseurs. Cette incertitude s’est traduite par une baisse des marchés : l’Euro Stoxx 50 et le CAC 40 ont ainsi perdu plus de 9% sur le mois de mars.


Cependant, derrière cette tendance globale, les performances varient fortement selon les secteurs. Les entreprises liées à l’énergie ont bénéficié de la hausse des prix du pétrole : l’indice Euro Stoxx Oil & Gas progresse de 9% sur le mois et le MSCI Europe Energy (incluant les pétrolières britanniques) affiche même une hausse de 22% sur la même période, les deux bondissant sur le trimestre d’une quarantaine de pourcents. Le secteur de la défense résiste relativement bien, avec une baisse limitée à moins de 7%, bien que les performances des entreprises soient contrastées, Rheinmettal perdant 13% quand Leonardo progresse de 2%. À l’inverse, les secteurs plus sensibles à la consommation, comme le luxe, ont été durement touchés. Le secteur des biens de consommation discrétionnaire recule de plus de 10%, avec des baisses particulièrement marquées pour certaines grandes valeurs ; comme Hermès qui plonge de plus de 20% au mois de mars 2026.


Du côté des États-Unis, les marchés ont fait preuve d’une plus grande résilience. Malgré un choc pétrolier d’une ampleur inédite depuis les années 1970 et un prix du pétrole WTI dépassant les 100 dollars à plusieurs reprises, les grands indices ont relativement bien tenu. Le S&P 500 et le Nasdaq reculent de moins de 5% sur le mois. Là encore, les écarts entre secteurs sont importants : certains, comme l’habillement, chutent fortement (-24%), tandis que d’autres, comme la chimie de base, profitent de la situation (+33%). Enfin, on notera que l’indice boursier de Tel-Aviv ne recule que de moins de 1% en shekel israélien.


Sur les marchés obligataires, le choc a également été significatif. Les taux d’intérêt ont augmenté de manière généralisée, en particulier sur les maturités courtes (jusqu’à 5 ans). Cette hausse des taux a entraîné une baisse des prix des obligations. Les indices obligataires enregistrent ainsi des performances négatives, qu’il s’agisse du crédit européen (-2.3%), des obligations souveraines (-3%) ou du segment à haut rendement (-2.5%).


Enfin, sur le marché des changes, l’euro s’est déprécié face au dollar, reculant de plus de 2%. En revanche, il ne baisse que légèrement face au yen, ce qui peut surprendre, ce dernier jouant habituellement un rôle de valeur refuge en période de crise.

 

Analyse rédigée le 04/04/2026 par Pierre Bismuth, Directeur général de Myria Asset Management.