Actualités Analyse des marchés financiers - Octobre 2025
Décidément, les mois se suivent et se ressemblent en cette année 2025, marquée par le financement du Big Beautiful Bill Act, lequel entraînera une augmentation du déficit budgétaire américain de 3 300 milliards de dollars sur dix ans, via la mise en place de droits de douane touchant la plupart des biens importés aux États-Unis. Sa digestion par le marché a conduit à une succession de niveaux record pour les indices boursiers.
Pourtant, le mois a été riche en actualités. D’abord, et de manière humoristique, certains opérateurs ont expliqué que c’est parce qu’il aurait été vexé de ne pas avoir obtenu le prix Nobel de la paix — alors qu’il affirme avoir imposé un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et mis fin à des conflits parfois imaginaires — que le président américain a annoncé, le 10 octobre, des droits de douane de 100 % sur les biens en provenance de Chine. Depuis, un accord avantageux pour les deux premières puissances mondiales a été scellé par une poignée de main entre MM. Xi et Trump.
Au Japon, l’élection de Sanae Takaishi au poste de Première ministre, à la suite de savants stratagèmes de constitution d’une coalition gouvernementale, a été saluée par les marchés actions locaux. Elle est considérée comme la digne héritière de l’inventeur des Abenomics, Shinzo Abe.
Plus proche de nous, en France, la créativité d’une Assemblée nationale en roue libre a conduit au vote d’un amendement créant un impôt sur la fortune improductive, visant notamment le support euro des compagnies d’assurance-vie, pourtant essentiel au financement de l’État français, premier émetteur de dettes de la zone euro.
Les banques centrales européenne et américaine ont tenu leur comité de politique monétaire ce mois-ci. La première a opté pour le statu quo sur les taux d’intérêt, maintenant le taux de dépôt à 2 % dans la zone euro, tandis que la Réserve fédérale a de nouveau abaissé son principal taux directeur, désormais compris entre 3,75 % et 4 %. Ce mouvement s’est immédiatement traduit par une légère pentification de la courbe des taux.
Dans ce contexte, les marchés actions affichent une très grande forme. En Europe, le CAC 40, l’EuroStoxx 50 et le Stoxx 600 progressent respectivement de 3%, 2,5% et de 2,6 % et ont tous battu leur record historique au cours du mois. On notera toutefois une vraie déception pour les petites et moyennes capitalisations françaises, pénalisées de plein fouet par les errements politiques entourant le vote du budget de l’Etat pour 2026.
Aux États-Unis, l’ambiance est également festive, portée notamment par les résultats des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle : le S&P 500 et le Nasdaq avancent ainsi respectivement de 2,3% et de 4,7 %, indifférents à de 31 j de shutdown. Au Japon, le Nikkei 225, indice pondéré par les prix, s’envole de plus de 16,5 %, tandis que le Topix, plus représentatif car pondéré par les capitalisations boursières, progresse de plus de 6 %.
Du côté obligataire, le paysage est plus calme. En Europe, l’un des éléments notables est que la France emprunte désormais plus cher que l’Italie sur l’ensemble des maturités jusqu’à 10 ans, mais l’écart entre les taux français et allemands se maintient aux alentours de 80 points de base. Aux États-Unis, le taux à 10 ans baisse de 8 points de base, mais repasse au-dessus de 4 %, niveau qu’il avait brièvement cassé en cours de mois.
Concernant le crédit, les récentes faillites américaines n’ont pour l’instant eu aucune répercussion sur le marché dans son ensemble, les indices crédit et haut rendement aux États-Unis affichant respectivement une hausse de 0,38 et de 0,16 %.
Enfin, l’euro recule de 1,7 % face au dollar américain, mais progresse de 2,3 % face au yen japonais. Et les cours de l’or ont continué de flamber, s’installant désormais juste au-dessus du seuil des 4000 dollars l’once, en hausse de 3,8 % sur le mois, mais à plus de 8,5% du plus haut atteint le 20 octobre.
Analyse rédigée le 03/11/2025 par Pierre Bismuth, Directeur général de Myria Asset Management.