Actualités Analyse des marchés financiers - Septembre 2026
Le mois de septembre 2026 a été le théâtre d’une dégradation très rapide des conditions de financement dans le monde. Dans un mouvement de défiance rampante et généralisée, les courbes de taux d’intérêt se sont rapidement pentifiées sur la partie 3 mois–20 ans, les différentes maturités affichant des hausses de rendement comprises entre 20 et 60 points de base sur le mois.
Ce mouvement très violent sur les emprunts d’État demeure encore et toujours alimenté par l’appréciation des actualités relatives au conflit qui oppose la coalition israélo-américaine aux Gardiens de la révolution iraniens. Nous parlons d’appréciation, car elle reflète surtout des craintes de perturbations de l’approvisionnement en énergie du fait des entraves à la navigation des bateaux dans le détroit d’Ormuz, d’autant plus que cette guerre larvée est en train de se régionaliser avec l’ouverture d’un front explicite entre l’Arabie saoudite et les Houthis du Yémen, qui se disputent âprement le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, situé à l’embouchure de la mer Rouge, face à Djibouti.
Dans ce contexte, ce sont les thèmes de l’inflation et, dans une moindre mesure, du contrôle des ratios d’endettement qui ont piloté les marchés financiers en septembre. Sans surprise, les indices obligataires affichent des performances en forte baisse, qu’il s’agisse des emprunts d’État européens ou américains (-2,2 %), du crédit de catégorie investissement américain (-2,7 %) ou européen (-1,3 %), ou encore du haut rendement américain (-2,5 %) ou européen (-1,8 %). Les primes de risque s’écartent de 50 points de base sur le mois et s’ajoutent aux déformations des courbes de taux « sans risque ».
Sur le front des actions, les performances sont évidemment disparates selon le risque géographique perçu — la France, par exemple, pâtit d’une incapacité chronique à tenir ses engagements en matière de contrôle de sa dette — et selon la composition des indices. Ainsi, le CAC 40 baisse de plus de 4 % sur le mois, le CAC Small perdant même plus de 8,5 %, tandis que l’Euro Stoxx 50 et le Stoxx 600 reculent de moins de 2,5 %. Outre-Atlantique, le S&P 500 fait quasiment du surplace (-0,4 %), mais le Nasdaq Composite progresse à nouveau de près de 2 %, porté une fois encore par l’intelligence artificielle (cette fois-ci, c’est Muse de Meta qui enflamme la cote). Ailleurs dans le monde, le TOPIX japonais reste stable (-0,3 %), tandis que le MSCI Emerging Markets flanche de moins de 1 %.
Enfin, sur le marché des changes, l’euro traverse une mauvaise passe et s’affiche en baisse de 2,5 % face au dollar américain, et même de près de 4 % face au yen japonais.
Analyse rédigée le 06/10/2026 par Pierre BISMUTH, CFA, Directeur Général & Responsable des Gestions de Myria Asset Management.