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Actualités Analyse des marchés financiers - Août 2022


Le mois d‘août 2022 s’est distingué par une actualité géopolitique et économique très chargée qui a finalement marqué le retour d’une hausse de la volatilité des marchés financiers.

Tout d’abord, la guerre russo-ukrainienne, dans laquelle les belligérants voient leurs positions se figer, a largement occupé l’actualité. Ce sont notamment les bombardements autour de la centrale de Zaporijia qui ont ravivé les craintes d’un accident nucléaire de type Tchernobyl. Par ailleurs, dans les tous premiers jours du mois, la visite de Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des Représentants américains et 3ème personnage de l’Etat, à Taïwan a provoqué une réaction virulente des autorités chinoises, qui ont décidé de spectaculaires manœuvres militaires autour de l’Ile. Cette crise, dans l’ex-détroit de Formose, s’est prolongée tout au long du mois avec l’arrivée de deux navires de guerre américains dans la zone pour signifier l’engagement des Etats-Unis envers un statu quo politique qui prévaut depuis 1949. Ces conflits, armés ou plus ou moins larvés, auxquels s’est ajoutée une crise climatique majeure, avec 33 jours de canicule en Europe et des inondations destructrices au Pakistan, n’ont pourtant exercé qu’une influence modeste sur les marchés, qui ont continué à progresser dans la lignée du mois précédent jusqu’au 15 août. Car ce sont les données macroéconomiques qui ont réellement animé les marchés, alors que la plupart des investisseurs étaient en vacances. 

Et il est vrai que la première quinzaine a été encourageante sur de nombreux indicateurs notamment aux Etats-Unis. Alors que la première puissance mondiale est officiellement en récession, du fait de deux trimestres consécutifs de croissance négative, l’économie américaine a montré des signes de résilience impressionnants. Ainsi, les créations nettes d’emploi sont ressorties en forte hausse, avec plus d’un demi-million de postes créés au mois de juillet, le taux de chômage s’est affiché à un plus bas historique à 3.5% de la population, et même l’inflation a commencé de décélérer s’affichant à +8.7% en glissement annuel contre +9.1% au mois de juin. En conséquence, les opérateurs ont fait le pari que la Réserve fédérale américaine allait probablement ralentir le rythme de hausses de son taux directeur. Las ! Lors du traditionnel Symposium de Jackson Hole, Jerome Powell, dans sa courte intervention du 26 août, a douché les espoirs des places financières affirmant que la Banque centrale américaine devrait certainement devenir restrictive dans sa politique monétaire afin de calmer la vigueur de l’inflation. Aussi, depuis lors, les marchés ont entamé un nouveau cycle de baisse violente, précipitant les performances mensuelles en territoire négatif. Enfin le 31 août ont été divulgués les chiffres d’inflation dans les pays de la zone euro : si l’inflation française a été moins forte que prévu à 6,5% sur un an, celle de la zone euro dans son ensemble a bondi de plus de 9% sur la même période, ce qui devrait contraindre la Banque centrale européenne à durcir son action et probablement remonter son taux directeur de 50, voire 75 bps lors du Conseil des Gouverneurs de septembre prochain. 

En synthèse, les indices européens finissent donc logiquement le mois en berne, l’Eurostoxx 50 et le CAC40 reculant tous deux de plus de 5%. Outre-Atlantique, le SP500 et le Nasdaq finissent également dans le rouge cédant plus de 4%. 
Du côté des taux d’intérêt, le mois est également très difficile, le rendement de l’emprunt à 10 ans américain se tendant de près de 50 bps (les prix baissent quand les taux montent), à l’instar de l’OAT 10 ans française qui voit son rendement passer de 1.38% à 2.15%. Ainsi, les indices obligataires de catégorie « investissement » affichent sur le mois des performances négatives similaires voire pires que celles des actions.
 



Analyse rédigée le 01/09/2022 par Pierre Bismuth, Directeur Général et Responsable des Gestions chez Myria Asset Management.