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Actualités Analyse des marchés financiers - Juillet 2022


Le mois de juillet 2022 a marqué un net coup d’arrêt à la baisse des marchés financiers, qui ont par conséquent fortement rebondi, certains effaçant même les performances catastrophiques du mois de juin.


Pour autant, la volatilité a encore été très élevée, notamment lors de la première quinzaine de juillet. 


Sur le front politique, l’Italie est revenue sur le devant de la scène européenne. La coalition de Mario Draghi a en effet volé en éclats sous les coups de boutoir du Mouvement 5 étoiles, le contraignant à présenter sa démission au Président Mattarella. Même si ce dernier l’a refusée, c’est le Parlement qui a eu le dernier mot, les membres ne votant pas la confiance au désormais ancien Premier Ministre italien. De nouvelles élections sont d’ores et déjà programmées le 25 septembre prochain. Au Royaume-Uni également, Boris Johnson a été contraint à la démission, la pression des différentes affaires ayant conduit la plupart de ses ministres à claquer la porte du gouvernement.


Par ailleurs, la pression de Vladimir Poutine sur les pays européens s’est encore accrue via la limitation drastique des exportations de gaz. Pour le moment, le robinet n’est pas tout à fait coupé, le gazoduc Nord Stream 1 fonctionnant à seulement 20% de ses capacités, les Russes prétextant des problèmes de maintenance sur les turbines.


Dans cette ambiance chargée, la réunion de la Banque centrale européenne qui s’est tenue le 21 juillet a permis aux intervenants d’être rassurés sur plusieurs points. Tout d’abord, Mme Lagarde a convaincu sur le nouvel outil anti-fragmentation élaboré par ses services, notamment pour empêcher que les taux de rendement des emprunts d’Etat italien ne dérivent trop à la hausse. Ensuite, la sortie de la politique de taux négatif, par la remontée du taux directeur de 50 points de base, a finalement contribué à rassurer les marchés sur la volonté de l’institution de Francfort de lutter à la fois contre une inflation désormais galopante sans toutefois trop pénaliser une croissance désormais atone sur le Vieux Continent.


Outre-Atlantique, la saison des résultats des sociétés a battu son plein et force est de constater que les marchés ont plutôt eu tendance à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Si les résultats de Snap ont réellement déçu, le titre perdant plus de 38% le jour de l’annonce, les autres publications ont finalement été bien mieux perçues par les marchés, notamment celles de Netflix, Amazon ou encore Alphabet.


Mais ce qui a paradoxalement rassuré les marchés, c’est le fait que les Etats-Unis soient officiellement en récession, alors que la normalisation des taux d’intérêt voulue par la Réserve fédérale américaine est toujours en cours. Les opérateurs misent sur le fait que compte tenu de l’arrêt actuel de l’économie, la Banque centrale n’aura pas besoin d’aller trop loin dans la remontée de son taux directeur et qu’elle pourra même être forcée à entamer un cycle inverse dès l’année prochaine.


Les marchés financiers affichent ainsi sur le mois des performances inédites depuis le début de l’année. En Europe, les principaux indices reprennent entre 7 et 9%, alors qu’aux Etats-Unis, le S&P 500 bondit de plus de 9% et le Nasdaq de plus de 12%. En revanche, sur le mois, les marchés émergents actions font du surplace.


Les marchés obligataires se portent également beaucoup mieux, les indices de crédit de catégorie investissement reprenant entre 2% et 4% respectivement aux Etats-Unis et en Europe, le haut rendement faisant légèrement mieux.
Enfin, sur le front des devises, le billet vert continue sur sa lancée et progresse à nouveau de plus de 2,5% face à l’Euro après avoir atteint la parité en cours de mois.
 



Rédigé le 01/08/2022 par Pierre Bismuth, Directeur Général et Responsable des Gestions chez Myria Asset Management.