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Actualités Analyse des marchés financiers - Juin 2022


Décidément, les mois se suivent et se ressemblent, et juin n’a pas fait exception à la règle en vigueur depuis le début de l’année. Ainsi, la plupart des marchés financiers, qu’ils soient obligataires, actions ou crypto ont encore amplifié leur correction.

 


Sur le front macro-économique, les marchés financiers sont passés de la peur de l’inflation à la peur de la récession. Ce glissement sémantique, qui couvait depuis plusieurs mois sous l’effet des pénuries touchant, parmi d’autres, les secteurs technologique, industriel et alimentaire, et du conflit russo-ukrainien, a été provoqué par la hausse surprise de 75 points de base du taux directeur de la Réserve fédérale américaine le 15 juin dernier. Cette mesure inédite depuis plusieurs décennies a jeté un certain froid sur les marchés financiers qui commencent à croire que la banque centrale américaine aura de plus de plus de mal à lutter efficacement contre une inflation en grande partie exogène tout en pilotant un atterrissage en douceur de l’économie. 

 


Auparavant, lors de la dernière réunion de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde avait reconnu travailler sur une première hausse du taux directeur de 0.25% en juillet et envisager jusqu’à 0.50% de remontée en septembre prochain, signe que l’environnement de taux négatif est désormais derrière nous. Depuis lors, les chiffres d’inflation publiés dans la zone euro ne sont pas plus rassurants : plus de 10% en Espagne et presque 6% en France, qui va d’ailleurs débloquer 50 milliards d’euros pour lutter contre ce phénomène. Seule l’Allemagne a publié une inflation légèrement moindre que le mois précédent à 7.6%.

 


Dans cette ambiance morose, les différentes enquêtes de confiance des consommateurs sont toutes orientées à la baisse, certaines reflétant un pessimisme très fort, ce qui n’est pas de bon augure pour la croissance future. En effet, la consommation compte pour près de 70% dans la constitution du PIB des économies développées.

 


Au cours du mois, la seule éclaircie dans cet amoncellement de nuages est venue de la Chine, qui a décidé du déconfinement des principales villes du pays au début du mois, ce qui offre des perspectives quant à la résolution prochaine des difficultés d’approvisionnement des entreprises.

 


Les marchés affichent donc des performances difficiles sur le mois. En Europe, l’Eurostoxx 50 et le CAC 40 chutent de plus de 8% plombés par les secteurs bancaire (-13%) et pétrolier (-10%). Outre Atlantique, la baisse est du même acabit, le SP 500 et le Nasdaq perdant également plus de 8%.

 


Enfin, du côté obligataire, les taux des emprunts d’états continuent leur remontée, l’Obligation assimilable du Trésor français procurant un rendement de 1.92% après s’être approchée des 2.4% tandis que le 10 ans américain s’établit désormais à 3.01%, après avoir flirté avec les 3.50%. Depuis le début de l’année, les indices obligataires affichent des performances souvent pires que celles des actions, avec des baisses comprises entre 9 et 20% selon le risque des émetteurs sous-jacents (d’emprunts d’état jusqu’aux obligations convertibles) et les maturités des emprunts.




Rédigé le 01/07/2022 par Pierre Bismuth, Directeur Général et Responsable des Gestions chez Myria Asset Management.